Comme tous les jours, l’infirmière Cécile qui s’occupait de moi, vérifiait si je n’avais pas de problème. Je la connaissais depuis que j’étais dans cet hôpital, l’hôpital Marcy. J’ai actuellement dix ans, je m’appelle Lucy et je suis malade depuis que j’ai sept ans, atteinte de la Tuberculose. Mes parents sont morts peu de temps après que je sois entrée ici, ils revenaient de voyage d’affaires par avion, quand celui-ci … s’est crashé. J’ai un grand frère mais il habite à l’étranger et ne veut pas s’occuper de moi, même si c’est la seule famille qu’il me reste, même si il ne m’accepte pas… même si il refuse de venir par peur d’être malade lui aussi, je l’aime quand même. Tant que je n’étais pas seule sous ce ciel si grand… Assise sur ma chaise de chambre, la fenêtre ouverte, je posais mes coudes sur le bord de cette fenêtre afin de pouvoir sentir le vent caresser mon visage. J’observais avec sourire, le ciel bleu, les nuages blancs qui bougeait, les oiseaux qui passaient et chantaient. Le Docteur Lola, mon pédiatre, entra dans ma chambre.
« _ Bonjour Lucy, tu as l’air en forme aujourd’hui encore. Mais faits attention à ne pas attraper froid.
_ Oui ! ~ »
Elle souriait lorsqu’elle voyait ses patients heureux, avec moi c’était toujours le cas, mais j’étais trop jeune pour vraiment m’inquiéter, même si je savais que je finirais par mourir à cause de cette maladie. Cette maladie qui ronge mes poumons, qui me font sans arrêt cracher du sang et pas qu’un peu… Mais ça faisait partie de mon quotidien maintenant. J’entendis soudain un aboiement venant de dehors. Je penchais la tête et vis un chiot qui courait dans le parc de l’hôpital. Je sortais de ma chambre en vitesse et rejoignais le chiot, toute heureuse je m’approchais de lui avec le sourire. Il s’arrêta de courir et me fixa droit dans les yeux, ce que je faisais aussi. C’était un petit labrador noir, il était trop mignon. Il s’approcha vers moi d’un air sur de lui et demandait des caresses, je touchais son pelage. Il était si doux, si soyeux. J’entendais quelqu’un courir jusqu’à moi, derrière moi se trouvait un garçon aussi grand que moi, il était essoufflé. Il s’assit par terre tellement il était fatigué, le chiot lui sautait dessus, tel un maître et son chien. Cela devait certainement être le propriétaire.
« _ Franchement ! Je t’ai cherché partout... lançait le garçon en reprenant son souffle.
_ Euh, ce chiot est à toi ? Demandais-je
_ Pas vraiment… Je l’ai trouvé, mais je m’en occupe. Mes parents n’en veulent pas… à la maison…
_ Prends ton temps pour reprendre ton souffle avant de parler. Disais-je en riant. »
C’était la première fois que je rencontrais quelqu’un de l’extérieur du même âge que moi, depuis si longtemps. On s’asseyaient tous les deux sur le banc dans le parc, on regardaient le chiot courir après un papillon. Finalement le garçon avait repris son souffle et se présentait.
« _ Je m’appelle Tom et toi ?
_ Lucy.
_ Tu es malade ?
_ Mmh.
_ Ah ? Tu as quoi ? Un rhume ? Une grippe ? me demandait il sans se douter que ce que j’avais c’était largement plus grave que ça.
_ Non, je ne sais pas si tu connais, mais c’est la Tuberculose.
_ Je ne connais pas. C’est quoi exactement ?
_ Rien de particulier. Tu habites où ?
_ Juste à côté du parc a côté de l’hôpital.
_ Je m’y promenais souvent avec mes parents il y a longtemps.
_ J’y vais toute les semaines pour aller voir Théo, comme ça je peux jouer avec lui, le nourrir, et je suis souvent seul quand je sors.
_ Théo ?
_ Le chien, je l’ai appelé comme ça. »
Il était si content que je n’avais pas envie de voir partir quelqu’un d’aussi gentil que lui. Mais ma maladie nous sépareraient certainement rapidement, lorsqu’il apprendra ce que c’est, il ne me parlera même plus.
« _ Tu veux être mon ami ? A l’hôpital on n’a pas vraiment beaucoup d’amis. Lui disais-je
_ Si tu veux, je viendrais te voir tous les jours pour voir si tu guéris vite. »
C’était tellement gentil de sa part, j’avais un sourire si grand que j’ai cru que celui-ci atteignait mes oreilles. Mon cœur était rempli de joie, c’était mon tout premier véritable ami ! J’étais trop contente. Cécile arrivait avec sa collègue Anne, elles n’avaient pas l’air très contente. Mais elles savaient qu’enfermer un enfant n’était pas la bonne solution. Cécile, mains sur les hanches, elle regardait Tom sous chaque angle de vue.
« _ C’est ton amoureux Lucy ? Il est si mignon ! » Lançait-elle si brusquement.
J’étais toute rouge, elle m’avait surprise sur ce coup-là.
« _ Mais n’importe quoi ! Je viens juste de le rencontrer…
_ Exact. Disait Tom gêné.
_ Vous savez, les coups de foudre ça existe, pas besoin de bien connaître la personne pour l’aimer. Disait Cécile
_ Mais c’est mignon à cet âge-là l’amour. Disait Anne en ricanant
_ Mais puisque je vous dis que vous vous trompez…
_ Oui, oui, maintenant retourne dans ta chambre, tu vas vraiment attraper froid, et puis tu as des examens à faire.
_ Encore ?! Mais je voulais rester un peu plus avec Tom moi !
_ Aller file ! Dépêche fait pas attendre le Docteur Lola.
_ Oui … ~ »
Je fis un signe de la main d’un au revoir à Tom. Est-ce qu’il allait revenir demain, après-demain, et tous les autres jours suivant ? J’avais peur de perdre cet ami, qui était déjà cher à mes yeux. Il comprenait bien que ça m’ennuyait d’être à l’hôpital mais je ne pouvais pas faire autrement. Le soir, lorsque Tom rentrait chez lui, il demandait à table à ses parents :
« _ Papa, Maman, c’est quoi la Tu… Tu quoi déjà ? Tub… Lose… machin. Disait-il
_ Qu’est-ce que tu veux savoir ? Sois plus clair Tom. Je ne comprends pas.
_ J’ai rencontré une fille à l’hôpital tout à l’heure, lorsque j’étais allé chercher Théo, et elle dit avoir la Tub… lose ?
_ Une fille ? Ton amoureuse ?
_ Non ! Alors c’est quoi la Tublose ?
_ C’est pas une Tublose, c’est une Tuberculose. Pauvre enfant.
_ Ah c’est ça voilà ! Pourquoi ‘pauvre enfant’ ?
_ La Tuberculose, c’est un microbe qui vient dans tes poumons, et ça te tue tout doucement.
_ Elle va… mourir ?
_ C’est fort possible. Disait sa mère en amenant le dîner à table.
_ Demain j’irais la voir, elle a l’air si triste… toute seule à l’hôpital.
_ Fait attention sur la route alors. »
Le lendemain, en effet il était venu me voir, mais je l’ai vu seulement une heure, après je devais retourner faire des examens… Le sur lendemain, on jouait dans le parc de l’hôpital, on courait partout, sous la surveillance de Cécile et Anne en pause. J’étais si heureuse de pouvoir courir avec un ami, le bonheur remplissait tout mon être, j’étais aux anges. Cette sensation de liberté, de normalité était enfin en train de naître. Mais j’avais poussé mon corps à ses limites les plus extrêmes, sous les regards des deux infirmières, derrière Tom, je m’écroulais au sol, le sang jaillit de ma bouche dans ma chute. Horrifiées, elles se dirigeaient vers moi, Anne allait chercher des aides supplémentaires, Tom qui s’était arrêté, avait peur. Il me regardait me faire emmener sur un brancard, tout le matériel pour me faire respirer, et pleins de machines étaient là.
« _ Si tu veux tu peux attendre en salle d’attente. » avait dit Cécile à Tom
Celui-ci avait appelé ses parents depuis le téléphone de l’hôpital. Ils arrivaient pour soutenir leur fils. Il était si bouleversé, il ne savait pas quoi faire, il espérait c’est tout. Les heures passaient et finalement Lola accompagnée de Cécile, arrivaient en salle d’attente où se trouvaient les parents de Tom et lui-même.
« _ Bonjour, je suis le médecin qui prend en charge Lucy, vous êtes les parents de Tom ? demanda le Dr.Lola
_ Oui, est ce que la petite va bien ?
_ Nous savions que ce jour viendrait, il lui reste peu de temps avant de s’éteindre, vous pouvez aller lui parler, mais elle est endormie. Je pense qu’elle vous entendra. Dit Cécile.
_ Tom, allons la voir. »
Ils allèrent dans ma chambre, et ils me virent dans mon lit, plein de machines m’entouraient, seul un vase avec des fleurs, et un cadre photo se trouvaient sur ma table de chevet. Les parents de Tom me trouvaient si mignonne, qu’ils auraient aimé m’avoir pour fille.
« _ Elle dort ? demandait Tom à ses parents
_ Oui. Dis-lui quelque chose avant qu’on parte d’accord ? »
Tom s’assit sur la chaise près de mon lit, et ne savait pas vraiment quoi me dire sur le coup. Ses parents s’asseyaient sur la banquette au fond de ma chambre. Finalement Tom prit ma main, et souriait.
« _ Tu sais Lucy, demain je viendrais te voir. Tu m’attendras d’accord ? J’amènerais Théo comme ça on pourra jouer encore ensemble. Alors guérie vite, hein ? Comme ça si tu vas mieux, tu viendras à la maison manger des gâteaux de ma maman, et on jouera tout le temps que tu veux ensemble… Alors, fait de ton mieux pour guérir vite.
_ Tom … ce n’est pas sûr qu’elle puisse sortir d’ici un jour… disait sa mère en essayant de lui faire comprendre.
_ Mais je lui ai promis que si elle sortait d’ici on irait voir la mer ensemble ! Qu’on serait toujours amis… »
J’avais entendu tes paroles Tom… Je t’étais si reconnaissante… Tu étais si gentil et doux avec moi, tu n’avais pas peur… Tu étais le seul ami que j’avais eu.
Ce qui alertait les médecins, c’est que mes machines se mirent à sonner, ils arrivaient en courant avec des infirmières, Tom et ses parents sortaient de ma chambre. Mon cœur venait de s’arrêter, les médecins essayaient de me réanimer, mais sans résultat. Je venais de mourir, après un moment de bonheur. Je pouvais partir sans crainte d’être seule, que je sois vivante ou morte, j’avais toujours mon précieux ami. Peu importe les âges, les temps, les guerres, rien ne pouvait me séparer de lui, même pas la mort. Je l’attendais de l’autre côté, je l’attendais, il attendait, on attendait pour pouvoir enfin être de nouveau ensemble…
Histoire simple, mais réaliste. On part d'une situation presque désespérée pour cette fille, le malheur qu'elle subit, pour arriver au bonheur grâce à son talent reconnu, ce qui est en accord avec la petite moralité de fin.
RépondreSupprimerHistoire très bien raconté, le lexique des sentiments est bien présents et un coté très réaliste. Maigres tout, on s'attend à cette chute tragique, c'est dommage.
RépondreSupprimerOn a ici a faire à une histoire bien tragique. L'auteur a voulut raconter une histoire bien triste et a fait passer à travers son texte beaucoup de sentiments et d'émotion afin que le lecteur puisse à son tour avoir une certaine compassion,une certaine pitié à l'égard du destin tragique de cette Lucy.
RépondreSupprimerCertains passages de ce texte font références à des scènes tirées d'un film,l'effet de bonheur qui envahis son coeur est très réussi"Le sur lendemain, on jouait dans le parc de l’hôpital, on courait partout, sous la surveillance de Cécile et Anne en pause."
Ce texte est original dans le sens où c'est la malade elle même qui s'exprime et raconte son histoire tragique. Ce qui donne un effet très réaliste.
RépondreSupprimerL'introduction utilise l'effet « in medias res » ce qui nous plonge directement dans l'action.
Le récit est précipité, exprimant ainsi l'urgence pour l'héroïne de vivre le plus de moments de bonheur possibles avant l'issue fatale.
Dommage que dès le début, on devine ce qui va se passer, ce qui atténu l'effet dramatique de la chute.
Néanmoins, on s'émeut et on est triste devant cette petite fille de dix ans qui au sein d'un destin tragique vivra tout de même le bonheur d'être aimée malgré sa maladie.
J'aime cette histoire car elle est réaliste et bien raconté. Cette chute tragique est très émouvante
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